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Française, volontaire en Arménie PDF Print E-mail
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Je suis pour un an en Arménie, en tant que volontaire Française chez SPFA.
Je suis arrivée début novembre, en même temps que les premières vagues de l'hiver.

Mon travail à SPFA est relatif à plusieurs domaines, l'Educatif, le Culturel et le Social. Dans presque toutes mes actions ici, les trois domaines se confrontent et s'assemblent.

 

J'enseigne le français, ou plutôt je le fais pratiquer. Avoir une Française à ses côtés pendant un an est un apport indéniable au niveau de la pratique de la langue, ne serait-ce que pour la familiarisation avec les sons, la prononciation, les expressions courantes.

C'est donc l'éducatif.

J'ai organisé et je dirige plusieurs ateliers. peintures et création de marionnettes pour les enfants de deux internats, et découverte et pratique de la photographie pour les jeunes.
J'organise aussi des événements culturels tels que des concours littéraires et des expositions.

C'est pour le culturel.

Enfin, je suis en perpétuel contact avec les autres, notamment avec le projet "Joie de lire" où nous nous rendons dans les écoles ou les hôpitaux pour lire des comptes aux enfants. Le contact avec les gens, de tous milieux sociaux, de tous âges.

C'est le côté social.

Et je considère que c'est là la part la plus importante de mon travail et surtout de ma présence ici.
Quelles que soient mes activités, elles passent avant tout par le contact humain.
Et il est très délicat d'être ainsi, pour une si longue durée, une sorte de représentante nationale.
Le moindre faux pas, la faute de conduite, le geste ou le mot déplacé, et c'est l'image des Français qui est fichée.
Les choses qui nous paraissent futiles ou normales ne le sont pas pour tous.
Mon plus grand apprentissage ici, mon acclimatation la plus difficile, c'est celle du temps.
Vous penserez climat, mais pas du tout.
Le temps des choses, les délais, l'attente.
Le rythme de vie, et surtout celui du travail, est extrêmement déstabilisant pour quelqu'un venu d'occident, avec l'angoisse de la gargantuesque machine de travail que nous sommes devenus.
Le laxisme pourrait sembler un soulagement, pour moi il est une étreinte traîtresse.
Mais le plus désarmant est surtout le laxisme des autres. Le non-respect des délais, le temps qu'il faut pour réunir les gens, monter un projet, être approuvé, trouver les fonds, le matériel, mettre en place.
J'ai enfin compris pourquoi je suis ici pour un an..., pour que l'on s'assure, en France, que j'ai bien monté au moins un projet...
ET ce projet principal , que je souhaite réaliser, est la création d'un journal pour enfants, avec des contes traditionnels français et arméniens traduits dans les deux langues, et illustrés par les enfants des internats. Journal qui serait, selon mes attentes, vendu en France. Et j'ai une grande confiance en ce projet. Car malgré ces déboires du temps contre lesquels je peste, il y a en Arménie un ingrédient indéniable dont les rouages de nos machines ne semblent pas dotés.
La motivation.

Camille LEVEQUE-HORAY
Volontaire en 2006-2007 auprès de Solidarité Protestante France-Arménie à Erevan.
Ce texte est paru dans Lettre SPFA, janvier 2007.

Last Updated on Friday, 12 February 2010 15:45
 

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