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Le SVE : une formation pas comme les autres PDF Print E-mail
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Je suis en Arménie pour effectuer un SVE. Vous devez-vous demander ce que c'est ?
Il s'agit d'un Service Volontaire Européen accompli dans le cadre d'un programme de la Jeunesse et des Sports. Ce projet s'exécute dans un pays d'Europe ou dans un pays tiers comme l'Arménie où je me trouve en ce moment...
Il faut, afin de pouvoir participer à ce programme, établir un projet avec une association du pays dans lequel on souhaite se rendre. Dans mon cas, j'ai choisi de construire mon projet avec SPFA.

 

 

Pendant un an je vais participer à plusieurs de leurs actions, mais je vais aussi apporter un peu de culture française dans les clubs francophones de l'Arménie.
Il s'agit d'une formation que l'on peut faire entre 18 et 25 ans. Cette formation ne vous donne aucun diplôme mais vous apporte beaucoup en richesses et en expériences humaines...
Il est vrai que c'est une formation très spéciale... Il faut une force de caractère mais aussi une grande possibilité d'adaptation. En effet, le changement de vie, de coutumes, d'habitude est énorme d'un pays à l'autre, et lorsque l'on se trouve dans un pays pour un an, il faut pouvoir d'habituer rapidement aux gens, à leurs coutumes, car dans le SVE c'est à nous de nous accommoder au pays, et non au pays de s'accommoder à nous.
Au début, c'est très dur. Cela fait maintenant quelque temps que je suis ici, et je commence seulement à m'habituer à l'ambiance de ce lieu impressionnant qu'est votre pays.

Les premiers jours ont été pour moi un bouleversement total. Une nouvelle langue avec des sons inconnus, un nouvel alphabet, aucun repère. Que des gens inconnus...l'aventure totale... Mais aussi les lieux, le cadre, d'un côté le centre d'Erévan, les magasins, les parcs, les cafés : tout es beau, tout semble calme et tranquille, et sur les bords de la ville, des gravats...quelques traces de tremblement de terre persistent encore...des tas d'ordures, des maisons où l'on se demande comment il est possible de vivre.

J'avoue que les deux premiers jours je ne souhaitais pas rester, je ne me sentais pas à ma place, comme si on m'avait déposée sur une planète inconnue, mais aujourd'hui, au bout de quelques semaines, je ne peux plus partir, comme si quelque chose me retenait ici... L'Arménie, un pays que je trouve vraiment formidable : j'avoue qu'au premier regard elle n'a pas une apparence extraordinaire ; c'est un pays du Caucase et après...Après je peux vous dire qu'il y a beaucoup de choses si l'on regarde une deuxième fois de plus près, on s'aperçoit que l'apparence de l'Arménie ne reflète pas les caractères de son peuple. En effet, au début j'avais peur, je me sentais mal à l'aise, comment allais-je pouvoir vivre ici pendant un an. Mais très vite on se familiarise avec le décor aride et sec, puis on découvre les mille facettes de ce pays qui vous laisse toujours quelque chose à découvrir.

On se sent rapidement chez soi en Arménie...grâce aux gens que l'on ne peut que qualifier de personnes exceptionnelles. Exceptionnelles, par la richesse du coeur...

Non je ne fais pas un éloge sur les Arméniens, mais je parle tout simplement de la population de votre pays. Cette population est comme la terre arménienne chargée d'histoire et d'émotions. .. Il me semble qu'en Arménie la terre n'est pas très riche, car la richesse de la terre a été prise par la population qui a très bien su se l'approprier et la transformer en richesse humaine.

Pour en revenir à ma formation j'ai déjà pu la commencer, au sein du club merveilleux qu'est le club francophone de Gumri. Ce que j'ai pour le moment beaucoup apprécié, c'est l'échange qui s'est installé entre ses membres et moi. Il est vrai que je suis là pour leur offrir tout le savoir que j'ai en ce qui concerne la France et sa population, ainsi que ses coutumes et traditions, mais ce que j'apprécie énormément dans cette formation c'est l'échange. En effet, avec les jeunes francophones de Gumri, j'essaie de leur apporter le plus possible, et eux aussi m'ont apporté et appris énormément. C'est un véritable échange ! Je crois que c'est cela aussi une formation SVE. Apporter et donner tout ce que l'on peut aux autres, mais aussi prendre et recevoir tout ce que les autres peuvent nous donner, et je pense que je n'ai pas fini de leur apprendre et d'apprendre, et au fil du temps, à travers les différents clubs que je vais rencontrer, je ne pourrai que rentrer plus riche et plus forte de cette formation.

Delphine BERBETT
Volontaire en 2005-2006 auprès de Solidarité Protestante France-Arménie.
Ces propos sont parus dans Lettre SPFA, février 2006.

Last Updated on Tuesday, 09 February 2010 17:14
 

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